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Transhumanisme : Partie 2

Nous avons vu dans l’article précédent la définition et l’évolution du transhumanisme, courant théorique à l’origine voué au soin de l’homme et de ses blessures, et qui tend de plus en plus vers l’augmentatif.

La montée en puissance des technologies associées à ce courant et l’intérêt grandissant qu’en ont les médias font qu’il se heurte aujourd’hui à de nombreuses critiques.

Critiques religieuses

Longtemps considérées par l’Eglise comme futuristes et irréalisables, les théories transhumanistes commencent à avoir des applications bien réelles au quotidien, comme nous avons pu le voir dans la première partie de cet article.

Les critiques s’articulent autour de l’opposition séculaire entre religion et science.

L’homme cherchant à s’améliorer met également en défaut le fait qu’il ne serait plus la création voulue par Dieu, et que par sa volonté de dépasser le simple statut d’humanité, il cherche à accéder une certaine forme de divinité.

A propos de la transcendance, celle recherchée par le croyant n’est pas celle du transhumaniste.
Quand le croyant vise à se rapprocher de Dieu, il voue sa vie à agir selon les textes divins, souhaitant que ses actes lui confèrent une nouvelle existence une fois mort.

Sur la mort justement, le fait de prolonger sa vie jusqu’à devenir immortel ne met-il pas en péril l’idée même de vie après la mort ?
Dans ce cas vouer son existence à chercher sa place au Paradis perdrait tout son sens.

Une réponse du transhumanisme à ces critiques se base sur l’étymologie même du mot « religion » (en latin « religere », « créer du lien social »).
Selon les adhérents du courant, le transhumanisme est un vaste projet collectif proposant de l’espoir, adressé à l’ensemble de l’humanité, et c’est une idée qui n’est en soit pas très éloignée des religions.

Egalement et toujours selon les mêmes sources, l’opposition religieuse au transhumanisme est moins sur le fait de prolonger la vie que sur la manière dont c’est fait.

Critiques éthiques et sociales

Au-delà des interrogations juridiques (qui ? pourquoi ? comment ?) sur l’application des améliorations, différentes inquiétudes planent sur le courant transhumaniste.

Comment ne pas réfléchir à la question de l’égalité quand les personnes aisées pourront choisir non seulement le sexe de leur enfant, mais aussi leurs caractéristiques intellectuelles et physiques futures ?

Ces inégalités sociales existent déjà, via l’accès à de meilleures écoles et à des meilleurs soins, ainsi qu’à des réseaux sociaux plus importants, mais le fossé entre classes sociales risquent encore de se creuser si des limites ne sont pas posées.

La question du remplacement de l’homme par la machine existe depuis la révolution industrielle, mais l’homme augmenté sera peut-être bientôt une nouvelle variable de l’équation.
Par exemple, est-ce que les C.V. feront mention de bras mécaniques pour faciliter l’embauche des travailleurs dans le BTP ?

Le milieu du sport sera-t-il aussi affecté ? On le sait bien, la question du dopage est encore très sensible à ce jour.
Rappelons le cas d’Oscar Pistorius, bénéficiant de prothèses aux deux jambes , et qui est « plus rapide qu’un pur-sang arabe« .
Quelle est la place pour ces athlètes, au statut de sportifs handicapés mais aux capacités dépassant celles des compétiteurs classiques ?

Bien qu’aujourd’hui les armées ne servent encore pas d’humains augmentés dans leurs rangs, les Etats investissent beaucoup dans ce domaine pour prendre l’avantage.
Les Etats-Unis, avec son budget militaire annuel de 600 milliards de dollars, développe notamment des lasers capable de brûler les vêtements, créer des voix aiguës, et bien sûr tuer.

Critiques dans la fiction

Les exemples de dystopie représentant ce courant sont nombreux.
La série de jeux vidéo « Deus Ex » a pour sujet central les humains augmentés (par des puces et/ou des membres artificiels) et la nécessité pour eux de prendre un traitement régulier pour éviter le rejet. Soumis à cette obligation, ils deviennent totalement dépendants du prix fixé par le laboratoire à l’origine des médicaments.
Est également abordé une forme de racisme des humains normaux envers les augmentés.

Dans le film « Time Out » (2011), l’argent a disparu au profit du temps.
Inscrit tel un tatouage sur le bras des humains, un compteur de temps fait office de porte-monnaie. Arrivé à zéro, la mort.
Les privilégiés amassent des siècles de vie et ne vieillissent pas tandis que les pauvres mendient et volent pour survivre.

Dans la série « Docteur Who », les Cybermen sont des cyborgs, parmi les principaux ennemis du célèbre Docteur. Humains augmentés cybernétiquement, ils ont pratiquement délaissé leur corps d’origine, et sont froids et calculateurs.

Pour conclure, le transhumanisme étant un courant aux possibilités infinies, ces articles ne font que survoler le sujet. S’ils vous ont intéressé, je vous invite à consulter ces différents liens pour en savoir plus.

Transhumanisme et religions : points de vue religieux et transhumaniste.

Transhumanisme et défense : archives complètes.

Transhumanisme : une fiction nécessaire ?

 

Cet article est dédié à notre collègue et ami Jim.

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